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mercredi 19 novembre 2008

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau B2+ (Ghislain) :

La vie de Ghislain pendant la guerre (2).




Ghislain a 86 ans. Il vit dans le Sud-ouest de la France et est retraité de l’agriculture. Pendant la seconde guerre mondiale, il a été réquisitionné pour le service du travail obligatoire (STO) et envoyé en Autriche. Si vous n’avez pas écouté la première partie de son interview, faites-le plutôt d’abord. La suite de son témoignage est également disponible.





Première partie

Troisième partie

Quatrième partie



DOCUMENT AUDIO (DEUXIÈME PARTIE):
Avant d’écouter ce document, lisez ces questions.


1) Sur quoi dormaient Ghislain et les autres prisonniers ?
2) Qu’est-ce qui les embêtait beaucoup pour dormir ?
3) Quelle était la première tâche de Ghislain à l’usine ?
4) Dans quel état d’esprit faisait-il ce premier travail ?
5) Quel a été le problème avec son second travail ?
6) Quelle a été la réaction du contremaître quand il a appris la profession de Ghislain ?
7) Dans quel type d’entreprise aurait dû être placé Ghislain ?
8) Que faisait Ghislain pour ralentir la cadence ?
9) En cas d’alerte, que faisaient les contremaîtres ?
10) Lors des alertes, où allaient en fait les prisonniers ?


Écoutez maintenant le document audio (2 minutes 39).








EXERCICE.
Pour chaque question, il y a une réponse correcte. Cochez-la. Et réécoutez le document en même temps si cela vous aide.



TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre ce témoignage.


Gab : Alors comment ça se passait là-bas en Autriche ?
Ghislain : Euh, alors, euh… à l’usine, d’abord, d’abord nous avions, nous étions logés dans un baraquement (1) qui était pas tellement, très confortable, puisque, bon, c’était des châlits (2) en bois qu’on avait, avec simplement une couverture et… on était…
Gab : Pas de matelas ?
Ghislain : Pas de matelas ! Oh non, non, pas du tout ! On avait simplement un peu de paille (3) de… dessus pour se… s’étendre. Euh, ce qui… ce qu’on a… beaucoup, euh, ce qui nous a bien gênés souvent c’était les puces (4) et les punaises (5), parce que… on a eu des quantités de puces et de punaises. [Gab : Ouais.] Et alors, j’allais travailler à, à l’usine qui était à environ, de nos baraquement, deux kilomètres, deux kilomètres et demi. Là, moi, je… au début, j’ai nettoyé, on m’avait donné un aspirateur et je nettoyais les avions parce qu’on était, c’était une chaîne. Alors, je rentrais dans la cabine, avec mon aspirateur et j’en… j’aspirais toutes, les, le, le, toutes les saletés, quoi, qui avaient été, qui étaient à l’intérieur de, de la cabine. Alors, je passais d’un, d’un avion, à l’autre, euh, et, mais… j’allais très doucement parce que moins j’en faisais, mieux c’… je me portais, pour ce côté-là. Alors, euh, tout ça, ça a été le premier, ensuite, euh, on m’a mis à monter un, un tuyau dont je ne connaissais pas le… on m’avait fait voir comment il fallait le monter mais jamais, j’étais pas du tout mécanicien, je, je montais mon tuyau comme je pouvais. Alors le contremaître passait souvent à côté de moi et puis il me disait, euh, « gemma (6) » : « Vite ! Vite ! Travaille plus vite que ça ! ». Alors, je lui dis un jour que j’étais, euh, paysan (7), que j’étais pas… « Ah ! », il me dit, « Mein Gott ! Bauer ! (8) » Alors, il, il était abasourdi (9) parce qu’on m’avait envoyé dans… dans une usine d’aviation plutôt que de m’avoir mis dans un, chez un…
Gab : Chez un paysan !
Ghislain : Chez un paysan ! Alors, euh, je, je travaillais le moins possible, je ralentissais le plus possible dans le travail, j’étais plus souvent dans les waters (10), on s’enfermait dans les cabinets (10) pour éviter que, de, pour que le travail avance le moins vite possible. Et, euh, alors je suis resté là pendant, euh, oh, peut-être quatre ou cinq mois, et puis, on a, il a commencé à avoir des alertes alors à ce moment-là, quand il y avait des alertes, euh, les, les contremaîtres autrichiens qui étaient là avaient plus, encore plus peur que nous des bombardements alors, ils avaient, ils nous prévenaient (11), euh, dès que (12) la, la sirène sonnait, on le, on était prévenus et on, on mettait nos, nos sacs sur le dos et puis dès, dès que, on, la, la « Fliegeralarm (13) », ils appelaient ça la « Fliegeralarm », la « la « Fliegeralarm » était annoncée, alors à ce moment-là, poum (14), on passait la, la, la, le, à l’extérieur de la, de l’usine et on allait se réfugier (15) dans les bois (16), euh, à quelquefois quatre ou cinq kilomètres sur les hauteurs (17) autour de Wiener Neustadt. Et on revenait quand c’… la « Fliegeralarm » était passée, quoi ! Voilà.
Euh, qu’est-ce que je peux dire encore ?

Remarques de vocabulaire :
1) Un baraquement = un bâtiment provisoire ou rudimentaire, en bois.
2) Un châlit = le cadre d’un lit, son armature. C’est donc un lit très rudimentaire.
3) La paille = c’est l’ensemble des tiges des céréales quand le grain en a été enlevé : la paille s’utilise normalement pour les litières des animaux.
4) Une puce : ce n’est pas seulement un composant électronique, c’est aussi un petit insecte qui apprécie beaucoup normalement les poils des chats et des chiens et qui saute beaucoup… On peut être piqué ou mordu par une puce.
5) Une punaise : c’est un petit insecte à corps aplati et à l’odeur très désagréable.
6) « Gemma » : je ne parle pas allemand mais je me suis renseignée ! Il s'agit en fait d'un mot en dialecte autrichien, et non pas en allemand standard, qu'on utilise pour dire qu'il faudrait continuer, se dépêcher. Mais c’est ce que Ghislain explique juste après.
7) Un paysan = un agriculteur. Longtemps, ce mot a été jugé négatif mais depuis quelques années, certains agriculteurs essaient de le réhabiliter, en particulier grâce à l’action de la « confédération paysanne », un syndicat agricole très actif qui s’est beaucoup développé dernièrement. C’est maintenant le second syndicat agricole en France. Vous avez peut-être entendu parler de son ancien leader, José Bové.
8) « Mein Gott ! Bauer ! » = en allemand : « Mon Dieu ! Un paysan ! ».
9) Abasourdi = très étonné, très surpris, stupéfait.
10) Les waters = les cabinets = les toilettes. Mais ces deux mots ont un peu tendance à se démoder.
11) Prévenir = (ici) informer, alerter, avertir. Ce verbe peut aussi signifier « anticiper ».
12) Dès que = aussitôt que.
13) « Fliegeralarm » = mot allemand qui signifie « alerte aérienne ».
14) Poum = une onomatopée qui peut être utilisée, comme ici, le caractère soudain et rapide d’une action. Mais la plupart du temps, « poum », comme « boum » est une onomatopée servant à évoquer une explosion. Ce n’est pas le cas ici, même si on parle de bombardements.
15) Se réfugier = se mettre à l’abri.
16) Dans les bois = dans la forêt.
17) Sur les hauteurs = sur les collines.

jeudi 13 novembre 2008

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau B2+ (Ghislain) :

La vie de Ghislain pendant la guerre (1).


Ghislain a 86 ans.
Il habite dans le Sud-ouest de la France. Il est retraité mais il a été agriculteur pendant toute sa vie. Il m’a raconté ce qui lui était arrivé durant la seconde guerre mondiale, à commencer par l’obligation de faire une sorte de service militaire (le « chantier de jeunesse ») puis de partir en Autriche. Voici la première partie de son témoignage, 3 autres parties suivent.



Troisième partie


DOCUMENT AUDIO (PREMIÈRE PARTIE) :
Avant d’écouter le document, lisez ces questions, ce sont les informations que vous devrez entendre dans l’interview.


1) Combien de temps Ghislain est-il resté dans les Pyrénées ?
2) Quel grade a-t-il obtenu à Arudy ?
3) Quelle activité lui et ses camarades ne faisaient-ils pas ?
4) Pourquoi sont-il partis d’Arudy ?
5) Sur le plateau du Bénou, qu’ont-ils dû faire après un certain temps ?
6) À Barbaste, un jour, que leur ont annoncé leurs chefs ?
7) Que leur ont conseillé leurs chefs ?
8) Pourquoi les gendarmes sont-ils venus chez lui ?
9) Quelle a été la réaction de sa mère ?
10) Que s’est-il passé quand Ghislain et ses camarades sont arrivés à Paris ?
11) Quelle a été la réaction des prisonniers français quand les nouveaux sont arrivés en Autriche ?
12) Comment a évolué l’attitude de ces prisonniers ?


Écoutez maintenant le document audio (5 minutes 05).








EXERCICE :
Pour chaque question, choisissez la réponse correcte. Vous pouvez réécouter le document en même temps, cela vous aidera.





TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre la prononciation et le vocabulaire.


Ghislain : Alors, je… je vais dire, je suis… j’étais de la classe 1942 (a) suis parti en s…, en septembre, quand… au chantier de jeunesse (b). Euh, j’ai passé… je suis allé au chantier de jeunesse, je suis… j’ai atterri (1) à Arudy, dans les Basses Pyrénées. Là, j’y suis resté pendant… un an et demie. Je… j’ai fait l’école des cadres au chantier de jeunesse, pendant six mois et je suis, je suis sorti chef de groupe. J’ai eu, pendant un certain temps, une équipe, comme tout le monde, enfin, comme tous. Euh, je ne… à ce moment-là, j’ai fait… on faisait, le matin, on se levait (A) comme… assez tôt, on faisait le… un décrassage (2) matinal, ensuite, on se lavait. Pour le chauffage, on allait couper du bois. On avait un poêle dans le… dans la… dans la carrée, on, et on se « brûlait » avec le bois (sic : on brûlait le bois, ou : on se chauffait avec le bois) qu’on avait, euh, coupé dans le, dans la journée. Euh, qu’est-ce que je peux dire encore ? À moment donné, quand la zone… on nous a dit que la zone allait être occupée (c), alors on nous a fait changer de… de quartier, on est allés dans… sur le plateau (3) du Bénou. Là, sur le plateau du Bénou, j’y suis resté pendant un certain temps. On nous a fait, euh, démolir (4), toutes… tous les baraquements (5), euh, que… qui ont été transportés sur le… le Lot-et-Garonne, à Barbaste. On est restés pendant un certain temps, euh, à Barbaste, ensuite, à Barbaste, quand, euh, on nous a dit, les chefs nous ont dit que… on était… le gouvernement avait institué le service du travail obligatoire (d), alors on nous a avertis que l’on allait certainement nous réquisitionner (6). Alors les chefs nous ont dit à ce moment-là : « Dans la nuit, vous pouvez partir chez vous et puis essayer de vous camoufler (7) si vous le pouvez ». Mais comme il y avait rien à ce moment-là d’organisé (e) alors, je suis quand même… on a pris le train dans la nuit à… et je suis rentré à la maison. À la maison, j’y suis resté trois jours et… au bout de trois jours, les gendarmes sont venus me réquisitionner et ont dit « Où est-il ? Il faut qu’il rentre (B) immédiatement à son poste sinon, vous pourriez avoir des ennuis, vous les parents. » Alors, euh, maman, ma mère, à ce moment-là, « pris » (sic : prise) de peur, m’a… a pas voulu que je… j’aille… je me cache (C), elle a préféré que je revienne (D) au chantier de jeunesse. Je suis reparti et du chantier de jeunesse, à ce moment-là, je suis… on a été embarqués pour… pour l’Allemagne. Voilà. Euh, on est partis en train, de Barbaste, on a été d’abord à… c’était… oui, on a été d’abord à Limoges, on a été… on a stationné à Limoges pendant un jour ou deux, je me rappelle plus exactement et ensuite on a été, euh, dirigés sur Paris alors à Paris, on nous a fait quitter nos vêtements de… verts kaki, euh, de… verts, de la couleur des chantiers de jeunesse pour nous donner des vêtements bleu marine, de la couleur des, des services du travail obligatoire. Et on se… d’ailleurs tout le monde, on se demandait tous pourquoi on nous avait changés de ce… Et donc on a été embarqués à Paris via Strasbourg et puis on a traversé toute l’Allemagne pour atterrir à… en Autriche à Wiener Neustadt. Et à Wiener Neustadt, quand on nous a vus arriver avec ces costumes, euh, les prisonniers qui étaient là depuis déjà trois ou quatre années, euh, nous ont un peu, disons, ils nous ont pas mal reçus mais enfin, il nous ont demandé ce qu’on venait faire alors que normalement, eux, ils faisaient tout pour que, ch… enfin, essayer de moins travailler, saboter un petit peu ce que… pour écraser (8) le régime Hitlérien. Mais petit à petit, les, ils ont compris… on leur a expliqué comment on avait, on était partis…
Gab : Que vous n’aviez pas eu le choix…
Ghislain : Qu’on n’avait pas eu le choix, comment on était partis [sonnerie du téléphone]. Et bon, petit à petit, ça s’est arrangé.

Remarques culturelles :a) J’étais de la classe 1942 = j’étais mobilisable en 1942.
b) Le chantier de jeunesse : cette organisation a existé de 1940 à 1944. Alors : un peu d’histoire… En 1940, la France signe un armistice avec l’Allemagne nazie et accepte la domination nazie. Les Nazis laissent la France sous l’autorité d’un gouvernement dirigé par le Maréchal Pétain. Ce gouvernement s’installe à Vichy (dans le centre de la France). Le « Gouvernement de Vichy » supprime le service militaire et instaure à la place une sorte de substitut du service militaire, les chantiers de jeunesse. Cela ressemblait un peu au scoutisme (vie dans la nature, travaux d’intérêt général) mais c’était évidemment obligatoire.
c) La zone allait être occupée : L’armistice du 22 juin 1040 prévoyait la séparation de la France en deux zones, une zone occupée (nord) et une zone libre (sud). La zone dite « libre » par les Français est placée sous l’administration du Gouvernement de Vichy et les deux zones sont séparées par une « ligne de démarcation ». Mais en 1942, le 11 novembre, la zone libre est à son tour envahie.
d) Le STO (Service du Travail obligatoire) : avec la complicité active du Gouvernement de Vichy, l’Allemagne nazie a organisé le transfert de jeunes Français pour qu’ils aillent travailler en Allemagne et en Autriche, parce qu’on manquait de main-d’œuvre là-bas dans les usines, l’agriculture, etc.
e) Il y avait rien à ce moment-là d’organisé : Ghislain veut dire qu’à sa connaissance, aucun mouvement de résistance n’était encore organisé.

Remarque de prononciation :
Dans cette interview, comme tout le temps quand il parle, Ghislain a une façon très particulière de prononcer les « R ». On dit qu’il « roule les R », un peu comme en espagnol par exemple. Cela s’explique par son âge, sa région d’origine.

Remarques de vocabulaire :
1) J’ai atterri = (ici) je suis arrivé, j’ai été muté. Mais on utilise le verbe « atterrir » dans ce sens-là quand on n’a eu pas le choix.
2) Un décrassage : normalement, la « crasse » = la « saleté », « décrasser » = « nettoyer ». Mais les sportifs utilisent parfois ce terme pour dire « faire une petite activité sportive, pas trop dure » (comme le lendemain d’une compétition, par exemple). Ici, Ghislain veut dire qu’ils faisaient quelques mouvements de gymnastique ensemble.
3) Le plateau = une forme de relief. C’est une aire géographique assez plane, en altitude, où les cours d’eau sont encaissés (plus bas) et peuvent former par exemple des canyons.
4) Démolir = défaire une construction en la faisant tomber (en vue de construire un nouveau bâtiment) ou = la détruire (pour l’anéantir). Ici, c’est le premier sens que Ghislain utilise.
5) Un baraquement = une construction provisoire, en bois.
6) Réquisitionner quelqu’un = obliger quelqu’un à s’engager dans un service, une armée, etc. Réquisitionner quelque chose = quand l’Administration exige qu’un bien soit mis à sa disposition pour une cause publique.
7) Se camoufler = se cacher, se dissimuler.
8) Écraser = [au sens propre] aplatir (rendre plat) par une pression ou par un choc, = [au sens figuré] vaincre totalement, anéantir.

Remarques de grammaire :
A) On se levait : n’oubliez pas que pour décrire toute habitude passée, on utilise forcément l’imparfait, pas le passé composé.
B) Il faut qu’il rentre : il faut que + verbe au subjonctif. Vous pouvez révisez le subjonctif avec le site Polarfle.
C) Voulu que j’aille, que je me cache : vouloir que + verbe au subjonctif.
D) Elle a préféré que je revienne : préférer que + verbe au subjonctif.


Carte du "périple" de Ghislain dans le Sud-ouest (cliquez sur AGRANDIR pour avoir les légendes des repères) :


Agrandir le plan

mercredi 5 novembre 2008

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau B1 (Florence) :


Florence parle de sa vie à Moscou !



Florence travaille à Moscou, en Russie, comme professeur de français. Je l’ai interviewée il y a quelques semaines sur sa vie à Moscou, son opinion, ses sentiments.





DOCUMENT AUDIO :
Avant d’écouter le document, lisez ces questions. Ce sont les informations que vous devrez entendre dans l’interview.


1) Quelle fonction particulière occupe Florence dans son école ?
2) Selon elle, comment est la vie à Moscou ?
3) Combien de temps met-elle pour aller à son travail ?
4) Que fait-elle pendant le trajet jusqu’à son travail ?
5) Quel est son niveau en langue russe ?
6) Qu’aime-t-elle faire le week-end ?
7) Que pense-t-elle de la ville de Moscou ?
8) Comment sont les Moscovites quand on ne les connaît pas encore ?
9) Selon elle, comment sont les Moscovites quand on les connaît bien ?
10) Qu’est-ce qui aide à communiquer, d’après Florence ?
11) Nous sommes en 2008. Depuis quand Florence habite-t-elle à Moscou ?
12) Pourquoi est-ce que Florence veut quitter la Russie l’an prochain ?
13) Pourquoi trouve-t-elle qu’il faut être fou pour habiter à Moscou ?
14) Mais finalement, qu’est-ce qu’elle adore en Russie ?



Écoutez maintenant le document audio (3 minutes 47).



EXERCICE :
Pour chaque question, choisissez la réponse correcte.














TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre l’interview.
Gab : Florence, tu habites* en Russie, c’est pas (a) banal. Tu pourrais nous dire pourquoi, ce que tu y fais ?
Florence : Euh, je suis** professeur de français, dans une école de langue et je m’occupe** de l’encadrement de l’équipe pédagogique. Et pourquoi ?
Gab : Et pourquoi la Russie, oui ?
Florence : Euh, parce que j’ai, euh, j’aime beaucoup les pays de… d’Europe de l’est et euh, pour moi, le pays slave par excellence (1), c’était la Russie.
Gab : D’accord, et comment ça se passe la vie à Moscou ?
Florence : C’est un peu difficile, il y a*** beaucoup de… c’est un peu stressant mais… euh… c’est très très riche.
Gab : Par exemple, tu habites où ? Tu habites loin de ton travail ?
Florence : Euh, j’habite à 40 minutes de mon travail (2), en métro. C’est un peu lourd (3) tous les jours de faire le… le trajet (4). Mais, euh, comme tout, on s’habitue, et puis ben****, je fais de la lecture pendant ce temps-là.
Gab : Oui, tu t’occupes, quoi.
Florence : Je m’occupe. Oui.
Gab : Et tu peux parler un petit peu de l’ambiance, euh, de Moscou, euh… des sorties, ce que tu y fais ?
Florence : Ben, euh, à part le travail, quand je trouve du temps, ben je… je sors comme tout le monde, je vais, euh, dans les bars, dans les cafés et euh, au théâtre si c’est pas trop difficile parce que… mon russe est pas excellent, mais bon… et puis ben, le week-end, euh, on essaie de sortir de Moscou pour se reposer à la campagne, ça fait du bien aussi.
Gab : Par exemple, tu vas où ?
Florence : Je vais, j’aime beaucoup aller à Sousdal, c’est une petite ville, euh, à trois heures de Moscou où il y a, je sais pas, une quinzaine de monastères (5). C’est très agréable. Jolie campagne.
Gab : Ouais, et la vie à Moscou, tu trouves que c’est vraiment différent de la vie en France ?
Florence : Euh, oui, c’est… c’est différent parce que c’est plus difficile, c’est une grande ville. Peut-être… c’est beaucoup plus grand que Paris et euh, s’adapter à Moscou, c’est difficile de par la langue et puis de par du [mieux : le] comportement des gens qui est un peu différent donc c’est un peu… Au premier abord, ils sont un petit peu plus froids (6), donc il faut comprendre pourquoi et comment… comment faire pour se faire des amis là-bas.
Gab : Et alors, par exemple ?
Florence : Euh, par exemple ?
Gab : Comment faire pour comprendre les gens ?...
Florence : Ben en fait les gens sont très très froids au premier abord (7) mais dès que… ils considèrent qu’on est leur ami ou qu’on est entré dans la famille, tout change et là, du coup (8), ils sont beaucoup plus chaleureux (9), on est invités chez eux, euh, on a, euh, on a beaucoup de choses (b) sur la table à manger, beaucoup d’alcool, etc., donc, euh, du coup, euh, l’alcool, ça, ça permet de (10) communiquer.
Gab : Mais t’es pas devenue alcoolique quand même ? [rires]
Florence : Non, pas encore mais bon, qui sait ?! [rires]
Gab : D’accord. Tu penses que tu vas rester longtemps en Russie ?
Florence : C’est ma dernière année. J’ai décidé. Ça fait déjà trois ans que j’y suis (c) donc je pense que je vais essayer de voir autre chose l’année prochaine.
Gab : Ouais, et pourquoi tu aurais pas envie de rester plus longtemps ?
Florence : Parce que Moscou, c’est une ville, euh, très prenante (11), j’ai peur de plus pouvoir en partir, en fait. Et euh, et puis euh, vivre à Moscou, euh, enfin, vivre à Moscou, je pense qu’il faut être un peu fou pour vivre à Moscou en fait.
Gab : Fou, vraiment ?
Florence : Oui, vraiment fou, oui, parce que c’est pas… Il y a pas de qualité de vie, c’est très pollué, c’est très bruyant (12), euh… la vie est stressante, c’est très difficile mais euh, j’aime ça mais en même temps je me dis que, quand même, quand je reviens en France et que je suis là par exemple, je me rends compte qu’il y a une meilleure qualité de vie.
Gab : Mais tu regrettes pas d’habiter à Moscou, d’y… ?
Florence : Je regrette pas, j’adore vivre à Moscou, j’adore les Russes, j’adore les perspectives (13) de voyages en Russie mais euh, mais la France, c’est un joli pays aussi et peut-être que revenir dans son pays, c’est pas mal aussi.
Gab : OK, merci !

Remarques de vocabulaire :
1) Par excellence =
le plus caractéristique.
2) J’habite à 40 minutes de mon travail = « Je mets 40 minutes (pour arriver au travail). » = « Il me faut 40 minutes (pour arriver au travail). »
3) Lourd = difficile.
4) Le trajet = le déplacement. On dit « voyage » quand il s’agit de tourisme.
5) Un monastère = un établissement (un lieu) où vivent des religieux appelés des « moines ».
6) Froids = distants.
7) Au premier abord = à la première impression, à partir des premiers moments.
8) Du coup : c’est une expression un peu familière (caractéristique de l’oral en tout cas) pour parler d’une conséquence, un peu comme « donc ».
9) Chaleureux = amical, aimable, accueillant.
10) Ça permet de = ça donne la possibilité de.
11) Prenante = captivante, attachante, fascinante.
12) Bruyant = avec du bruit.
13) Une perspective = (ici) une possibilité.

Remarques de grammaire :
a) C’est pas : très souvent, à l’oral, on ne dit pas le « ne » ou « n’ » de la négation. C’est une erreur, mais tout le monde la fait ! Vous la trouverez plusieurs fois dans cette interview.
b) Beaucoup de choses : N'oubliez pas ! Même si le nombre de choses est grand on écrit « beaucoup DE choses » et PAS « beaucoup des choses ». C’est obligatoire. De la même manière on dit « peu DE », « assez DE », « trop DE ». Exemple : « Dans le blog Gabfle, il y a beaucoup d’interviews pour vous aider à progresser en français », « Si vous avez trop de problèmes à comprendre les interviews du blog Gabfle, envoyez-moi un commentaire ».
c) Ça fait déjà trois ans que j’y suis = « Il y a trois ans que j’y suis » = « J’y suis depuis trois ans ». Ces trois structures sont synonymes. On les utilise pour parler de quelque chose qui a commencé dans le passé et qui n’est pas terminé. Le verbe doit être au présent. MAIS attention ! Si vous parlez d’un événement passé et terminé, vous devez utiliser « il y a » : « Florence est arrivée en Russie il y a trois ans. » (= « Florence est arrivée en Russie en 2005. »). Le verbe doit être au passé composé.

Remarques de prononciation :
* Tu habites : parlant vite, j’ai prononcé « t’habites ». C’est une façon de parler qu’on accepte à l’oral mais qu’il vaut mieux éviter à l’écrit.
** Je suis / je m’occupe : Florence aussi parle vite, et comme beaucoup de Francophones, elle a prononcé « chui ». Attention ! N’écrivez surtout pas « chui », sauf peut-être dans un SMS ! Mais pourquoi les gens disent-ils ça ? C’est parce qu’on ne prononce pas souvent les « e ». Florence a dit juste après « j’m’occupe ». Et pour « je suis », c’est logique : « j’suis » est très difficile à dire donc « j » se transforme en « ch » et ça donne « ch’suis » ou « chui » !
*** Il y a : « y’a » est la prononciation la plus commune de « il y a » mais on écrit « y’a » seulement dans un contexte très informel (SMS, paroles de chansons, blogs, etc.).
**** Ben : c’est une déformation de « bien » qu’on utilise (un peu comme « euh ») quand on cherche ses mots ou bien quand on commence une explication.

lundi 3 novembre 2008

DOCUMENT DE COMPREHENSION ORALE pour le niveau A2+ (Delphine) :

Delphine a passé un week-end à Bruxelles !

Delphine a 28 ans et habite à Lyon où elle est prof de français. Elle aime beaucoup voyager, même quand c’est seulement pour un week-end. Elle raconte ici sa découverte de Bruxelles, la capitale de la Belgique.









DOCUMENT AUDIO
Avant d’écouter le document, lisez ces questions. Ce sont les informations que vous allez devoir entendre dans l’interview.

1) Comment était le week-end de Delphine ?
2) Quand Delphine et ses amis se retrouvent, quelle est leur habitude ?
3) Quelle spécialité belge est-ce que Delphine n’a pas encore dégustée ?
4) De quel monument très connu est-ce que Delphine ne parle pas ?
5) Qu’est-ce qui a surpris Delphine et ses amis ?
6) Quelle est la deuxième langue de Belgique, après le français ?
7) Quelle chose est très bizarre en Belgique pour Delphine ?


Écoutez maintenant le document audio (1 minute 32).



EXERCICE :
Pour chaque question, choisissez la réponse correcte.











 



TRANSCRIPTION :
Après l’exercice, vous pouvez lire la transcription et les remarques pour mieux comprendre l’interview.


Delphine : Bonjour, alors, je suis Delphine et on s’est déjà rencontrés sur ce blog. Vous savez déjà que j’habite à Lyon. Et, euh*, aujourd’hui je suis là pour vous parler de… d’un petit** week-end qu’on a fait à Bruxelles avec des amis. Et… c’était une ville géniale, c’était un week-end génial. On a… on a vu beaucoup de choses*** (1), on a bien mangé aussi mais en général, quand on se retrouve entre amis, c’est une tradition de bien manger. Mais, là, c’était les spécialités (2) belges, donc, euh, on a mangé des frites, des gaufres, on a bu de la bière, euh… oh, on n’a pas mangé de glace (3) mais ça va venir, ça sera peut-être pour demain. Et puis, voilà, on a vu… alors, il y a**** beaucoup de choses à voir à Bruxelles : on a vu la cathédrale, on a vu la Grand Place, on est aussi allés à… à l’Atomium. Euh, bon, ben*****, en Belgique, il y a aussi quelque chose qui nous a un peu surpris (4) pour nous Français, c’est que… il y a toujours plusieurs langues qui sont, euh, parlées simultanément (5). Et on entend plein de (6) choses dans la rue. Donc, euh, bon, il y a des touristes, c’est vrai donc on a entendu beaucoup d’espagnol, beaucoup de russe. Mais en fait, les gens, ils parlent aussi, euh, français parce que c’est une des langues principales de Belgique mais aussi flamand (a) et euh, et pour nous c’est un peu bizarre parce qu’en France c’est pas (7) du tout comme ça, c’est très monolingue (8), en France. Et ici, on voit que tout est écrit en… en flamand et en français et c’est un peu bizarre de… ces… cette cohabitation de deux langues et on… on se pose plein de questions : comment les gens vivent au quotidien (9), alors que certainement, eux, se posent pas de questions. Mais nous, ça nous fait beaucoup réfléchir (10). Voilà******.


Remarques de prononciation :
* Euh : quand on hésite, quand on cherche un peu ses mots, on dit « euh ».
** Petit : ici, Delphine ne dit pas le « e », on entend « pti ». C’est son accent. Mais si vous allez dans le sud de la France, vous allez entendre « petit », vous allez entendre le « e ». Mais les deux prononciations sont possibles.
*** Beaucoup de choses : et ici, on entend « beaucoup d’choses », c’est le même phénomène de prononciation. Et il y a d’autres prononciations similaires dans l’interview : écoutez-les !
*** Il y a : ici, on entend « y’a ». La majorité des personnes francophones ne dit pas « il y a » mais « y’a ». C’est une habitude de prononciation.
***** Bon, ben : « ben » c’est une déformation de « bien ». « Bon, ben » est une habitude de langage. C’est possible de dire ça quand on commence une explication.
******* Voilà : c’est une habitude de dire « voilà » quand on a fini une explication.

Remarques de grammaire et de vocabulaire :
1) Beaucoup de choses : même si le nombre de choses est grand on écrit « beaucoup DE choses » et PAS « beaucoup des choses ». C’est obligatoire. De la même manière on dit « peu DE », « assez DE », « trop DE ». Exemple : « Dans le blog Gabfle, il y a beaucoup d’interviews pour vous aider à progresser en français », « Si vous avez trop de problèmes à comprendre les interviews du blog Gabfle, envoyez-moi un commentaire ».
2) Une spécialité = un produit typique d’une région ou d’un pays.
3) On n’a pas mangé de glace : ici, on dit « de » et pas « des » ou « de la » comme d’habitude parce qu’il y a une négation (ne…pas). Autres exemples : on dit « Delphine a des amis » mais « Sandrine n’a pas d’amis », « Thomas a une voiture » mais « Paul n’a pas de voiture ». Et attention, cela ne marche pas avec « le, la, l’, les » : « J’écoute l’interview de Delphine », « Ils n'écoutent pas l’interview de Delphine ».
4) Surpris = étonnés. Surprendre = étonner. Je suis surpris(e) = Je suis étonné(e) = Ça me surprend = Ça m’étonne.
5) Simultanément = en même temps.
6) Plein de = beaucoup de. Mais « plein de » est un peu plus familier.
7) C’est pas : Delphine fait ici une erreur que font tous les francophones, elle oublie le « ne ». Quand on parle, ce n’est pas grave mais quand on écrit, c’est mieux d’écrire « ce n’est pas ».
8) Monolingue = quand il y a (ou quand on parle) une seule langue. Quand il y a (ou quand on parle) deux langues, on dit « bilingue ». Et quand on parle beaucoup de langues, on dit « polyglotte ».
9) Au quotidien = chaque jour.
10) Réfléchir = penser fortement, concentrer sa pensée.

Remarques culturelles :
a) Le flamand : la Belgique est un pays où il y a plusieurs langues officielles, le français, le flamand mais aussi l’allemand. Le flamand est une langue proche du néerlandais.

Et pour découvrir un peu plus Bruxelles et la Belgique, consultez les sites Internet http://www.bruxelles-tourisme.be/accueil/fr/index.html ou http://www.tourismebelgique.com/ !

De plus, je vous recommande vraiment le site http://www.museumtalks.be/ où vous pouvez écouter des interviews de personnes qui parlent des musées de Bruxelles qu’ils ont aimés. Il y a des interviews en 24 langues différentes. C’est un site à découvrir absolument !

Et si les mots « gaufre », « Atomium », « Manneken-pis », etc. ne vous évoquent rien, voici quelques photos !

L'Atomium :










Des cornets de frites :


Des gaufres :









La Grand Place :


Le Manneken Pis :